Un Week-end à Londres ça commence comme ça
Arrivée cers 18h à l’auberge où l'on pousse les
portes et les boutons d'ascenseurs avec les coudes, et qui tranche sensiblement des façades d’appartements cosy dans cette rue bordée de quelques belles voitures.
Petite halte pour un recueillement sur fond de musique Gospel dans le
Temple de ce quartier Jamaïcain, batterie et guitare à l’appui. On était à fond… surtout Ade qui en avait des frissons et moi les larmes aux yeux. "Jesus is salvation". Nous avons même assisté à une retransmission de miracles en tous genres, au récit d’une étudiante qui ne nous a rien caché de ses insomnies, et à un prêche en bonne et due forme donné par un vieux gros en jogging et T-shirt informe. Les vieilles pleuraient, les gamins tapaient dans les mains, on aurait dit un mix de Star Ac’ et de show à l’américaine. http://www.kt.org/ (si vous aussi vous voulez y goûter...)
Après un tour de Notting Hill et de ses pubs animés du samedi soir, ballade direction mon ancien quartier vers Queensway… plein de Pakis et d’attrape-touristes. Nostalgie, quand tu nous tiens !
1er matin, 1ère boulette made in Gaëlou :
Lever 6h parce que chaleur = rideaux ouverts et trop de lumière pour mes yeux entre-ouverts. Donc pas grave, y’a pas le feu à la glacière, je lis mon bouquin jusqu’au dèj’ de 7h. Ade, entrainée dans mon délire, attend sagement l’heure. Une fois descendues à la recherche de la salle repas, le gardien nous met au parfum : le dimanche le breakfast est servi à 9h, pas avant… Les escaliers remontés nous nous recouchons toutes habillées , réveil réglé pour 9h. Pour le coup là on dormait bien… après la redescente des 4 étages nous trouvons la salle repas toujours fermée… « T’avais mis l’heure de Londres sur ton portable, au moins ? » me dit Ade. Ok bon… boulettes en chaine…on a plus qu’à remonter se doucher, et trainer encore une heure… Autant dire : un début de journée SUR LES CHAPEAUX DE ROUES !!! WAHOOUUU !
Le programme aujourd’hui : shopping un dimanche à Notting Hill… autant dire lèche vitrines, magasins d’antiquaires et autres puces. Bon, mais c’est qu’on ne voulait pas s’éloigner de trop et louper le repas gratos de l’auberge… Surtout pas !
Au passage on a fureté à travers le quartier à la recherche de la fameuse porte bleue où nous serions reçues par un Hugh Grant en caleçon et T-Shirt de nuit, comme dans le film.
Il est vrai qu’Ade avait des airs de star américaine, il aurait pu marcher…!!
Question shopping on s’est bien rattrapées à Camden Town. On en a trop vu, et en triple exemplaires, mais c’est aussi ça la joie de l’importation de produits made in China. Je tiens à dire que personnellement le shopping fut entièrement non-artisanal et bien contrefait et surfait… Mais qu’est-ce que les poissonniers d’Aix pourraient bien soupçonner ? Et puis du Custo à £10 la robe ça ne se refuse pas très longtemps. Non ? Ben moi je dis non.
Petit pose dans pub pas vraiment typique mais typiquement cubain. Le Che en témoigne !
Le courant est bien passé avec Ade j’ai l’impression...
Près du canal on a posé avec un vieux pote de Camden… plus coopératif que les deux punks que ma co-équipère s’est mise à dos un peu plus loin...
On a voulu faire les vraies nous aussi en se prenant en photos dans les cabines d’un magasin techno bruyant et assez… comment dire… bref on se croyait dans l’espace, équipées de tenues TRES flashy et surtout TRES courtes. Mais le flash de l’appareil nous a grillées et le vendeur a exigé de détruire le cliché, sans concession pour les pauvres néofites du monde de la night que nous sommes.
Une fois de retour à l’auberge, et après une bonne douche froide sur nos pieds brulés, nous avons attrapé un bus pour Hyde Park comme la moitié de la ville pour faire les crevettes sous un soleil de plomb...
...Ca picolait dur, mais nous savons nous tenir et le seul alcool
ingurgité fut un grand verre de vin pris le soir avec un repas typique dans un pub tout mignon de Notting Hill. Là on était assurées de dormir comme des masses. Ce qui fut fait !
2nd matin. Là on se dit que cette fois sera la bonne car levées pile pour le dèj à 8h… mais en semaine c’est servi jusqu’à 8h15 et pas 8h30… Dommage, too late. Et puis à la demi une bridée coupe le jus et chacun rentre chez soi à tâton. On le saura !
Attention : vraie journée shopping en vue, et état fébrile suite à journée éreintante de la veille.
Bon, comme d’hab’ je coyais qu’on était large sur le timing et avais décidé de visiter une rive non-encore explorée de Southbank, le côté sud de la Tamise. Autant dire : de la merde, rien à voir, nothing to do.
On a fait fissa par la City to Oxford Circus pour débuter les festivités par Topshop.
Ensuite Carnaby Street et repas en terrasse d’un « Prêt à manger ». Retour via H&M où nous avons continué les emplettes (toujours aussi typiquement londoniennes !). Puis, vu la chaleur et le piteux état de nos tendons meurtris, nous avons sauté dans le premier bus pour descendre Regent Street.
Puis de Picadilly nous avons rejoint Leicester Square et le THE SPOT of the day :
l’avant première de
SEX AND THE CITY :
Autant dire que la foule se tankait déjà derrière quelques barrières depuis le début d’aprem, et qu’on a bien fait de pas faire le tapin comme tout ce beau monde… on reviendrait plus tard. Mais l’énorme affiche à elle seule nous ravissait déjà.
On est reparties sur notre lancée vers Covent Garden et ses artistes de rue… violonistes, entre autres… ;-) Puis tour dans Soho parmi les lieux de débauche de la ville et autre China Town. Petit passage dans placette magnifique de Neal’s Yard…
Au passage, je lis aussi mal les inscriptions sur les vitrines que les panneaux de signalisation : résultat, nous sommes entrées dans quelques boutiques de dépravation sans voir les pénis géants peints à même la vitre.
Grosse déception pour la boutique de lingerie Agent Provocateur qui est loin d’être à la hauteur de ses icônes Kylie Minogue et Kate Moss… Ont-elles jamais mis les pieds dans ce magasin ?
Bon, une fois ces formalités accomplies, retour là où tout se passe en ce 12 Mai 2008 : les abords du tapis rouge. Evaluation de la technique d’approche depuis le Burger King du coin puis chacune à son poste. Adeline a opté pour la face cachée de la scène : le côté le moins fréquenté par la foule (et sur lequel je n’aurais pas misé un copek), du fait des grandes palissades montées derrière l’armée de photographes. J’avais de mon côté, après un tour de secteur, jeté mon dévolu sur une barrière à piques à l’angle d’un jardin d’où je voyais assez bien l’entrée. J’hésitais à monter sur le toit d’une fameuse cabine téléphonique quand un agent m’en a délogé, ainsi que mes compatriotes explorateurs. Donc retour au plan Ade, mais pas convaincue.
J’ai alors tenté l’escalade à mains et pieds nus du grillage
élevé sur le côté des palissades. Plan ok, bien qu’assez limité, suspendue sous les bras à une barre métallique, montée à la seule force des bras, les orteils sur un fil de fer chacun. Je vous laisse imaginer le tableau… pas de photo de la prestation à l’appui. Comme quoi quand je veux je fais du sport ! Mes pecs et trapèzes s’en souviennent ! Je passe sur les griffures et cassages d’ongles.
Là aussi j’avais dévoilé mon plan un peu trop tôt, les 4 filles de ma série favorite ayant salué pendant une bonne heure la foule avant d’arriver à nous (les photographes assermentées !)… et un vieux flic m’a là aussi mise en garde… Ce qui a au moins permis de dissuader quelques admirateurs de la technique. Mais c’était mal connaître ma motivation sans limite ! J’attendais mon heure, pendant qu’Ade trouvait le THE filon : un homo fan de la série qui acceptât de la porter sur ses épaules pour qu’elle lui fasse des photos, quitte à ne rien voir lui. C’est beau le fanatisme !!! Donc voici Ade mieux placée que tous les amateurs réunis, méritant une carte de presse tout terrain… J’attendais un battement de cils de sa part au moment crucial pour bondir sur mon grillage déjà bien fatigué (mais pas autant que mes bras et mes orteils)…
Et là c’est la victoire : les meilleurs clichés de l’histoire pris par Ade avec mon appareil, les deux autres ayant lâché… moi de toute façon je n’avais plus assez de main pour appuyer sur un bouton. Suis montée au créneau pour Carrie (Sarah Jessica Parker) et j’ai même lâché la barrière d’une main pour faire un magnifique salut auquel, vous ne le croirez peut-être pas, elle a répondu. Oui tout à fait, la sublime Carrie a salué ma position acharnée mais méritante. Dieu existe, le prêcheur nous l’avait dit le premier soir.
Euphoriques de nos clichés, nous avons quitté la foule une fois chacune des 4 déesses prises sur le tapis de la presse, et n’avons même pas attendu d’avoir le cliché des 4 réunies pour savourer la victoire d’une équipe fanatique, et échanger nos adresses mail.
Allez, on rentre à la maison comme de vraies starlettes
3ème matin : au point pour le dèj’, sauf pour les saucisses… en même temps y’a pas que les saucisses qu’on ait loupées ce jour là…
Bon ok, à l’heure qu’il est mon équipière m’en veut certainement toujours… elle l’avait pourtant senti dans le bus qui nous menait à Luton airport, on était un peu short sur le timing d’embarcation pour Nîmes, étant donné les longues minutes perdues à errer pour retrouver les bus de l’aéroport. Moi qui pensais une fois de plus me sortir d’une situation critique me gargarisais de « mais c’est bon ! » « on est larges !» »ça va le faire ! ». Sauf que ça l’a pas fait… et à 10 minutes près… (ça tient à peu de choses £50). Plus aucun vol ce jour pour le sud de la France depuis Luton, donc on a foncé sur un autre bus en direction de Stanstead (à 1h20 de là), ne comptant pas dormir sur place pour attendre le vol du lendemain.
Je répète une fois de plus qu’au moins ça nous aura permis de rencontrer un chauffeur fort sympathique à l’humour pinçant et typiquement anglais, celui-là… c’est une maigre consolation mais j’aime à retenir le positif de toute situation. En même temps y’aurait pas eu Ade j’aurais moins fait la maligne, n’ayant que £50 sur moi (prix du nouveau billet) et pas de carte de crédit. Donc je lui dois un ticket de bus et le fait d’être rentrée ce soir sur Aix d’où j’écris ce long récit à chaud…
Nous avons enfin embarqué dans un avion pour Marseille. Ne me sentant pas le courage d’encore 3h de route pour récupérer ma voiture à Montpellier, j’ai fait appel au chauffeur et homme à tout faire de mon président pour me récupérer sur Marseille. C’est con, il était dans un bon jour et nous aurait ramené avec plaisir à Montpellier… ça aurait évité à Hans de se taper la route pour chercher Adeline, mais ça je ne pouvais pas le deviner… et puis d’ailleurs je crois qu’elle n’aurait pas encore marché dans un de mes plans foireux… N’est-ce pas Ade ?
Du coup ma voiture est à Montpell’ en sécurité jusqu’au w-e prochain. On verra bien… Le tout c’est que le pilote zélé du vol retour ait bien trouvé la piste, après le port, et qu’on n’ait pas eu à ouvrir les portes de secours qu’Adeline, en parfaite hôtesse, avait investie la première.
... en tout cas, moi, je la conseille à tous les voyageurs !
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